La cohésion dans le texte

L'utilisation des temps du subjonctif


Pour savoir quel temps choisir pour chaque verbe, il est important de bien situer les actions les unes par rapport aux autres. On peut pour ce faire placer les actions sur une ligne du temps:
Je sais que tu réussiras.
-------->-------->
présent - futur
sais - réussiras

Je savais que tu réussirais.
-------->-------->
passé - futur du passé
savais - réussirais

J'ai su hier que tu avais réussi l'examen de la semaine dernière.
-------->-------->
passé du passé - passé
avais réussi - ai su

Il est également très important de savoir dans quels cas on peut utiliser chaque temps. En voici un bref rappel, selon les quatre modes que vous connaissez:

Le subjonctif
Le présent s'emploie lorsque l'action se déroule en même temps ou après une autre action au présent ou au futur, dans les cas suivants:
- pour exprimer un souhait, un désir, une prière, un regret, un but:
Qu'il me fasse confiance et je réussirai!
J'aimerais que vous arriviez à l'heure.

- pour une action incertaine, un sentiment:
M. Dubé ne pense pas que cette opération soit faisable.
Je me réjouis que tu aies du succès.

- après un verbe qui exprime le doute, la négation:
Les élèves s'opposent à ce que les jeans soient interdits à l'école.

- après un verbe impersonnel qui exprime l'incertitude:
Il semble que cela soit nécessaire.

- après un superlatif (seul, premier, dernier, principal, unique, meilleur, pire, plus, moins, etc.):
Ce pianiste est le plus virtuose que je connaisse.

- après certaines conjonctions exprimant le temps, le but, l'opposition, la condition (afin que, à moins que, avant que, bien que, de crainte que, de façon que, de manière que, de sorte que, d'ici à ce que, en cas que, encore que, jusqu'à ce que, pour que, pourvu que, quoique, sans que, supposé que, etc.):
Bien qu'il fasse tous les efforts possibles, il ne réussit pas.

- tout de suite après un autre verbe au subjonctif:
Quelle que soit la décision que tu prennes, j'espère que tu seras heureux.

Le passé est utilisé dans les mêmes cas que le présent du même mode, mais lorsque l'action précède une autre action au présent ou au futur:
J'aimerais que vous ayez fait vos devoirs avant de venir au cours.
Le médecin ne pense pas que le malade ait pu être sauvé.
Il apparaît après coup que cela ait été possible.
Ce tableau est le plus réussi que j'aie fait.
Bien que les invités aient apporté de nombreuses bouteilles de vin, il ne nous en restera bientôt plus.
Quelle que soit la décision que tu aies prise, j'espère que tu seras heureux.

L'imparfait est utilisé seulement dans la langue littéraire; on l'emploie toujours dans les mêmes cas que le présent du même mode,
- lorsque l'action précède une autre action au présent (on peut aussi utiliser le passé du subjonctif):
J'aimerais que vous fissiez (ayez fait) vos devoirs avant de venir au cours.

- lorsque l'action arrive en même temps ou après une autre action au passé (on peut aussi utiliser le présent du subjonctif):
M. Dubé ne pensait pas que cette opération fût (soit) faisable.
Il semblait que cela fût (soit) nécessaire.
Ce pianiste était le plus virtuose que je connusse (connaisse).
Bien qu'il fît (fasse) tous les efforts possibles, il n'a pas réussi.
Quelle que fût (soit) la décision que tu prisses (prennes), j'espérais que tu serais heureux.

Le plus-que-parfait est aussi utilisé dans la langue littéraire uniquement; on l'emploie encore une fois dans les mêmes cas que le présent du même mode:
- lorsque l'action précède une autre action au présent (on peut aussi utiliser le passé du subjonctif):
J'aimerais que vous eussiez fait (ayez fait) vos devoirs avant de venir au cours.

- lorsque l'action précède une autre action au passé (on peut aussi utiliser le passé du subjonctif):
Le médecin ne pensait pas que le malade eût pu (ait pu) être sauvé.
Il apparaissait après coup que cela eût été (ait été) possible.
Ce tableau était le plus réussi que j'eusse fait (aie fait).
Bien que les invités eussent apporté (aient apporté) de nombreuses bouteilles de vin, il ne nous en restait déjà plus.
Quelle que fût (soit) la décision que tu eusses (aies) prise, j'espérais que tu serais heureux.


On peut essayer de surveiller le temps de ses verbes, de placer des points de repère et des "mots-liens" à mesure qu'on écrit.

Mais il est essentiel, lorsqu'on a terminé son texte, de le relire en entier en portant attention aux liens logiques qu'il contient; c'est alors qu'on a une meilleure idée d'ensemble et qu'on peut en profiter pour vérifier le temps des verbes, pour ajouter ou modifier des adverbes de temps, de lieu, de manière et des "mots-liens".

De tels "mots-liens" ne sont pas nécessaires partout: on les utilise lorsqu'il y a un rapport particulier à faire ressortir entre deux idées (l'addition, l'opposition, la conséquence, l'ordre).


Avez-vous maintenant l'impression que votre texte a plus de cohésion, qu'il se tient mieux? Car un texte, comme une personne à table, cela doit toujours "bien se tenir"!